L’ÉCOLE SUPÉRIEURE DU CINÉMA & DE LA TÉLÉVISION DE MONTPELLIER

Le bureau d’Accueil des Tournages : Rencontre avec Sophie Menanteau et Jérôme Teule

Sophie Menanteau et Jérôme Teule : 
Le bureau d’Accueil des Tournages
Jeudi 31 janvier 2019

« OMAR M’A TUER de Roschdy Zem est le premier long-métrage, accompagné par le Bureau d’accueil des tournages en 2010 »
Sophie Menanteau et Jérôme Teule

 

C’est avec un immense plaisir que nous avons reçu Sophie Menanteau et Jérôme Teule du bureau d’accueil de Montpellier (BAT). Dès qu’il y a un tournage, on fait appelle au bureau d’accueil des tournages qui connait parfaitement le territoire, tous les agents travaillant pour la ville de Montpellier, les différents services ainsi les différents agents plus enclins à accepter de travailler pour le projet. Le BAT travaille avec toutes les structures administratives : ville, métropole, préfecture (qui valide tout ce qui est sécurité du territoire).

En 2010, le potentiel sur la ville de Montpellier toute une palette de décors a été mis en avant, ce qui a permis de créer un Bureau d’Accueil des Tournages, à l’époque où Claude Chabrol tournait Bellamy avec Gérard Depardieu. C’est le film OMAR M’A TUER de Roschdy Zem qui a été le premier long-métrage accompagné par le Bureau d’accueil des tournages en 2010

En 2010, le BAT recensait près de 90 jours de tournage et 30 projets. En 2019, ce sont 400 jours de tournage et tous types de projets : clips, films corporate, documentaires, unitaires TV, longs métrages, la série quotidienne Un Si Grand Soleil.

Les nombreux tournages ont un impact très important sur l’économie du territoire : la création de corps de métiers en lien avec création de films, l’hôtellerie et la restauration, la mise en valeur du territoire…

Après cette présentation du BAT, Jérôme Teule et Sophie Menanteau ont pris le temps de décortiquer le formulaire d’autorisation de tournage. “Ce document est la porte d’entrée !” préside Sophie Menanteau. Il est fait de telle sorte que tout soit précis et synthétisé. Le demandeur doit y préciser date(s), lieu(x) et créneau(x) horaire(s) du tournage afin d’assurer la coordination avec l’ensemble des services le tournage, les arrêtés et validations de la préfecture. Ce formulaire d’autorisation de tournage comporte une présentation du projet très synthétique (synopsis, note d’intention, présentation des équipes) et la description des besoins de la scène (autorisation par lieu de tournage et par jour – sauf s’il y a trois jours consécutifs de tournage sur le même lieu, l’autorisation sera donnée pour toute la période-).

« Nous traitons de manière équitable unitaires TV, longs-métrages, publicités, clips, court-métrages étudiant … mais il faut montrer qu’il y a de l’importance !» dit Jérôme Teule.

À Montpellier, l’espace public est payant (pour les marchés, commerces, …). mais le BAT a convaincu les élus de la ville pour y assurer la gratuité pour tout type de tournages. “Et ce n’est pas le cas dans toutes les villes !” Il y a une rivalité aujourd’hui sur l’Europe du Nord/de l’Ouest (Belgique/Luxembourg) , où il y a des crédits d’impôts plus importants que dans le Sud de la France. Cette gratuité à Montpellier augmente donc la possibilité de tourner sur notre territoire.

Il y a des lieux comme le Théâtre, la Piscine olympique ou l’Opéra qui fonctionnent en permanence. Pour ce type de lieux, il faut parfois s’y prendre 6 mois à l’avance afin d’obtenir les autorisations. Il y a aussi certains parcs et jardins de la ville de Montpellier qui ouvrent différemment en fonction des saisons. Il faut 15 jours environ pour traiter chaque demande. “Le temps de mettre tout le monde d’équerre, car il faut prévenir les habitants, s’assurer de la disponibilité des lieux etc.”

Si un tournage se déroule sans les autorisations, le tournage peut être arrêter sur le champ.

Le BAT permet d’éviter des travaux à l’endroit où l’équipe souhaite filmer, comme les complications de tournage inhérents à certains lieux de la ville.

Le BAT a aussi un rôle dans l’’analyse des descriptions de scènes. En effet, il ne s’agit pas de faire “n’importe quoi” dans des lieux comme l’opéra, ou le zoo. La description des scènes est donc requise, et peut être acceptée ou refusée selon le contenu. Derrière chaque scène, il y a un cahier des charges dans le décor. D’où l’importance de la communication dans ce milieu. Par exemple, si un réalisateur qui veut de la végétation, le BAT le redirigera plutôt vers tel ou tel endroit en fonction de ce qu’il veut comme plantes.

Aujourd’hui, le bureau est passé à l’échelle métropolitaine. Le BAT travaille avec les 30 communes du territoire. Dans presque chaque village, il y a un référent. « On accompagne chaque référent pour faciliter la préparation des projets de films. Les référents de notre expérience et notre expertise sur les projets. »

Le BAT a aussi aidé à l’implantation les studios de France TV pour la série Un si grand Soleil, dont la production a été rencontrée en 2010, à Vendargues en 2016 avec près de 20 000 mètres carrés de surface. La société TSF, rencontrée en 2012 par le BAT , s’est installée en 2015 à Montpellier puis Mauguio (à côté de Travelling).

Alors après cette présentation complète du BAT, de ses missions et son développement en Métropole, quelles sont les perspectives du Bureau d’Accueil des Tournages pour 2019 ? “Travailler sur le déploiement de la base iconographique !” disent Sophie Menanteau et Jérome Teule.

Le BAT toujours à la pointe !
Texte : Quentin Auzène